Huanuco-Ayacucho

par Michel, 26 mai 2009 :: Peru

Décidément, entre cyclistes, on se croise, on se sépare, on roule en peloton, et si on peut noter quelques échappées, dans l’ensemble, rien de décisif.

Jugez plutôt, à Huanuco, nous avons retrouvé Julien par hasard, il était descendu dans le même hôtel que nous… pur bol, marrant. Il repart un jours plus tôt, avec les deux anglo-hollandais boulangers du col. Et le lendemain, alors que nous sommes fins-prêts au départ, sacs paquetés, bouteilles remplies, casquettes vissées sur le crâne et barbouillés de crème solaire, résonne un joyeux “Michel” (prononcez “Mitchellll”); je tourne la tête, c’est Bernardo, le joyeux Argentin de la famille Flamini; émotions, retrouvailles, et on y va.

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Alors que nous montons sur Cerro de Pasco (4300 mètres, une paille me direz-vous, à peine une montée), un camion nous dépasse (c’est rare, vous vous en doutez), et qui voilà… la famille Flamini au complet, accrochés au mastodonte… je connaissais la pratique chez les coursiers, mais pas chez les cyclotouristes… comme quoi, nul n’est parfait.

En route pour le bosque de piedras

Nous passerons ainsi quelques jours en compagnie des Flamini. Leur bonne humeur, leur musique, leur amour de la bonne bouffe se mariant avec les paysages merveilleux du “Bosque de Piedra”. À 4100 mètres, ces formations rocheuses sont tout à fait stupéfiantes. Une sombre histoire de fonds marins, de volcans, de roches sédimentaires en justifie l’existence (dans ces moments, Philipp me manque, croyez-moi), et n’en fait rien de moins que l’une des huit merveilles du Pérou… excusez du peu, l’office du tourisme de Canchacucho (le coin de la pampa en langue Quechua) envisage de plus en plus sérieusement une candidature pour les inscrire dans les huit merveilles mondiales. C’est vrai que depuis la disparition du phare d’Alexandrie…

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Bref, une journée de repos dans ce paradis de l’escalade, et des délires photographiques. On ne résiste pas… un vélo, c’est toujours beau, mais alors un vélo sur un caillou, que demander de plus. À noter pour les amoureux du bloc (discipline de grimpe hyper intense sur quelques mètres sans assurage), que le Bosque de Piedra est sans conteste un paradis aux possibilités sans fins; reste juste à maîtriser son cardio (on reste à 4100 mètres) et à avoir du temps, il y en a des milliers sur des kilomètres…

A vélo, partout...

A vélo, partout...

Le lendemain, on repart, en route pour le Lago Junin, réserve d’oiseaux et ‘une des plus hautes étendues humides du monde (ces péruviens semblent définitivement avoir le goût des records mondiaux). Superbe plaine, superbes oiseaux et… superbes orages qui se dessinent a l’horizon, derrière les montagnes.

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On n’y coupe pas, mais bah, ce sera l’occasion de dormir à Ondores, et d’admirer l’habileté de Manuel à dégotter un toit gratuit; ça s’apprend, ça fait sept ans qu’ils sont en route quand même. Le lendemain, grand beau, on atteint Junin, on traverse, on continue le long du champ de bataille de celle décisive, dernière de Bolivar au Pérou, qui devait sceller le sort de l’Amérique du Sud quelques mois plus tard, à Ayacucho, entraînant le retrait des Espagnols. Au milieu, un obélisque, l’une des plus grandes merveilles que Dieu ait offertes aux hommes… (je vous ai parlé du chauvinisme péruvien???).

Le long du Lago Junin

Bah, on finit à La Oroya, ville record elle aussi, la plus polluée du Pérou ( du monde??? peut-être). Superbe carrefour de routes, jouxté à une exploitation minière… rien de joli donc, on passe notre chemin… en bus. Eh oui, de Huancayo à Ayacucho, c’est joli, de La Oroya à Huancayo, bof, c’est 136 kilomètres de grande route, plutôt de la descente, bref, rien de bien excitant. Quant à Huancayo, c’est du soleil, mais pas forcément l’envie d’y trainer; on repart illico pour Ayacucho. La route monte un peu, puis redescend, pente raide, puis plus douce, du bonheur de filer sur l’asphalte, de se laisser glisser.

Descente sur Izcuchaca

On croise deux allemands, chargés jusqu’aux oreilles, le sourire, les cheveux blonds et les shorts courts (on commence à repérer les style nationaux. ils essaient de tromper l’ennemi avec leur pull mammut, ça, ça fait suisse, mais ça ne prend pas). Sympathiques effusions (tu viens d’où? Tu vas où? C’était comment? Combien de temps?), et on repart. ils nous ont annoncé un glissement de terrain, va falloir zigzaguer nous ont-ils dit…

Derrumbles

Tu parles, pas moyen de négocier, ils veulent pas qu’on zigzague… alors bon, on s’assied, et on observe, lorsque une super explosion vient percer nos tympans… forcément qu’ils voulaient pas qu’on traverse, ils ont fait sauter une pierre… On passera trois heures assis à attendre, bah, on est à 5 minutes de Izcuchaca, le but du jour, on arrivera simplement de nuit…

Le lendemain, on quitte a nouveau l’asphalte; pas envie de monter sur Huancavelica (si si, c’est joli, c’est a 4600 mètres), alors qu’une belle piste nous laisse glisser le long du Rio Mantaro. Ce seront deux jours au milieu de nulle part, le long d’une superbe rivière, dans un climat chaud. Les paysages passent de rouge-ocre à vert, l’eau se fait turquoise, brune, verte, transparente, c’est du bonheur. Du moins, ca en serait s’il n’y avait cet xème dérangement intestinal… une affaire de rien, c’est juste que ces derniers temps, je les ai un peu collectionné. Mais pas de souci, l’appétit est là, d’après mon docteur, c’est que c’est pas grave…

Et puis, dernière montée, et nous voilà à Ayacucho. On y arrive tard, très tard, voire trop tard. D’autant que la route se termine en beauté sur une dernière petite côte, où nous passons sous les applaudissements du public, grâtifiés d’un magnifique arc-en-ciel… Ayacucho, c’est une etape importante. D’abord, c’est joli, mais surtout, autant s’y reposer, la suite n’est pas gaie, succession de cols qui nous mènera à Cusco, capitale gringo d’Amérique du Sud… affaire à suivre…

4 commentaires à “Huanuco-Ayacucho”

  1. Bonjour, bonjour,
    Vos photos sont toujours aussi époustouflante!!!! les lieux que vous traversez à la force de vos mollets (chapeau!!) ont vraiment l’air incroyable!!!
    Je commencerai presque à me demander si vous n’allez pas finir comme les gens que vous croisez sur la route, c’est à dire à vouloir continuer se périple indéfiniment et quand on voit de tel paysage, ça se comprends!!! ;o)

    Bonne route
    biZoo

    Alexandra

  2. 2 la paysanita del medio dit, le 1 juin 2009 @ 2:58

    Ha ha! c’est bien conni, l’Amérique latine est un mouchoir de poche!
    C’est toujours aussi beau, c’est un plaisir de te lire Michel..
    Bonne route, bises à vous deux (ou quatre ou dix, je ne sais pas combien vous êtes maintenant? vous faites une critical mass ou quoi?)

  3. De toute beauté tout ça !

    Pour l’analyse géomorphologique sur photo je suis pas assez calé, difficile de gratter le caillou à distance, mais ça m’a l’air passionnant ! ;-)

    Je vous souhaite encore beaucoup de tours de roue de bonheur, de rencontres et de paysages sublimes !!!

    Que la vaya bien Miguelón y Amélita !

  4. 4 jo-z-fine dit, le 4 juin 2009 @ 6:44

    Merci merci de faire rêver et s’évader les gens comme moi à la biblio qui comme vous le connaissez passe leur journée assis à regarder le soleil étincelant et les vaguelettes du lac nous appeler à la baignade!!!
    Je vous embrasse fort et je suis tellement heureuse pour vous…
    ps:michel je crois que j’ai réussi mon examen d’agrès…putain toute cette merde aura servi (entrainement à la con dans une salle de gym les jours de beau temps enfin tu vois quoi???pour entendre” c’est mou ça, ça manque de dynamise…)
    je t’adore bravo bravo et bravo

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