Mise à jour

par Michel, 25 janvier 2010 :: Général

Il nous a été difficile de terminer ce blog. Tirer un trait sur ce voyage. Après 10 mois passés à pédaler du nord au sud, nous nous sommes envolés le 4 août de Buenos Aires. Direction le Brésil pour une escale, puis l’Allemagne, enfin la Suisse.

Auparavant, nous avons ralliés Salta en Argentine, puis Cafayate. L’occasion de se réoccidentaliser progressivement. De là, en bus jusqu’à Buenos Aires, et le lendemain, la traversée pour l’Uruguay, pour une dernière semaine de vacances. L’Uruguay, ce sont des plages à perte de vue, et des vaches. Station balnéaire des riches Argentins et Brésiliens, Punta del Este aurait pu nous dégoûter de creuser. Grâce à Martin, rencontré au Machu-Picchu, il n’en a pas été ainsi, de loin pas. Nous avons pu nous plonger dans l’Uruguay profond, rencontrer des gens adorables, et visiter des lieux magiques. Merci à lui. S’il nous restait un conseil à donner avant de conclure ce blog, ce serait probablement d’aller en Uruguay… mais d’y aller hors-saison!

Aujourd’hui, quelques mois après, ce sont de nouveaux projets. Amélie travaille à Aigle comme gynécologue, et moi, j’ai pour l’instant choisi de persévérer un peu dans le vélo. Vélocité a bien voulu me ré-embaucher, merci à eux, et je commence à songer sérieusement à de nouveaux projets. Des projets plus terre-à-terre, comme chercher un nouveau travail, m’acheter une voiture… repartir? peut-être, mais pas tout de suite…

Merci à vous qui avez pris le temps de consulter ce blog de temps en temps, qui m’avez laissé des messages ou êtes tombés dessus par hasard. J’ai pour ma part eu un grand plaisir à rédiger ces quelques impressions de voyage, à poster quelques unes des 1600 photos prises, à partager ces quelques kilomètres. et si vous tombez dessus par hasard, puissiez-vous y trouver un peu de soif d’acide lactique dans les cuisses, un peu de cet air rare andin ou de ce soleil d’Amérique centrale…

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Bolivie

par Michel, 12 août 2009 :: Bolivie

Un moment qu’on était silencieux… c’est qu’avec le retour qui s’approche, la motivation avait un peu disparu, on s’excuse. Enfin, mieux vaut tard que jamais, un petit compte-rendu de notre traversée de Bolivie. L’Argentine et l’Uruguay suivront, promis!

Titicaca

La frontière, on l’a passée a Copacabana, au bord du lac Titicaca. Entre montagnes et eau azur, ce lac constitue un véritable joyau à quasi 4000 mètres. La quête aux records mondiaux continue. Ici, c’est que ce lac est le plus haut du monde… avec un service de navigation organisé pour se ballader sur les îles. Si à l’arrivéee, le trafic s’avère intense et rapide, il va progressivement se calmant, jusqu’à devenir agréable. En plus, a l’exception d’un col pour sortir de la péninsule de Copacabana, c’est plat… mais alors très très plat. Et quand on dit un col, entendons-nous, 400 metres de dénivellée, une paille.

Copacabana-La Paz

À Copacabana, pas de plage brésilienne, mais un mirador et une journée de repos, avant de rejoindre La Paz. Le rituel touristique voudrait que nous nous rendions sur la Isla del Sol, berceau du premier Inca et endroit authenitquement spécial, mais la motivation fait défaut; on décide de passer une journée a ne rien faire, lézarder, monter sur le mirador, bref, profiter un peu avant de s’éloigner du lac et attaquer l’altiplano bolivien.

Altiplano bolivien...

C’est qu’il est de moins en moins folichon, cet altiplano. Une étendue plate avec des montagnes en arrière-plan, c’est joli, mais lassant. De fait, on est content d’arriver a La Paz, capitale la plus haute au monde… du moins prétendument, puisque la capitale institutionnelle de Bolivie, c’est Sucre, imbroglio dont personne ne sait dire exactement laquelle est la capitale, les Boliviens penchant néanmoins pour dire qu’il s’agit de Sucre, davantage que La Paz. Reste que la ville est impressionnante, juchée sous les cimes enneigées.

La Paz

La Paz, on s’en doute, c’est grand. Vraie ville, elle sera l’occasion pour nous d’aller au cinéma, faire les boutiques, trainer les pattes quelques jours, et de retrouver une dernière fois Julien et Ludivine, de croiser d’autres de leurs potes, de boire quelques bières, et d’offrir au vélo de Sophie un petit service du pédalier, bref, les charmes de l’urbain. A tout cela aurait pu manquer quelque chose; les rencontres… mais de ce coté la aussi, nous serons servis. Alors que nous nous promenons sur l’avenue principale, un Bolivien surgit: “Michel”? Surprise, il s’agit de Jonathan, le pote de Sophie, ingénieur formé a l’EPFL qu’elle était allée rejoindre après son séjour dans les Galapagos. Agréable discussion autour de quelques cafés, le hasard fait toujours aussi bien les choses.

Jonathan

De La Paz, le problème, c’est la sortie. Une bonne côte et une route qui n’annonce rien de folichon jusqu’a Oruro. L’année passée, Pierre avait tranché, il avait fait les 238 kilomètres dans la journée, histoire de se dérouiller les jambes; impressionnante performance qui ne nous tente pas plus que tant, heureusement, puisque même si elle nous tentait, pas sûr qu’on aurait tenu… ou plutôt sûr du contraire. On se résout donc a prendre le bus, histoire de s’éviter une autoroute. Nous aussi on l’aura fait dans la journée, La Paz-Oruro… Et de toute manière, de l’altiplano, on va encore en avoir pas mal, jusqu’a rejoindre le but, le fameux Salar d’Uyuni. Et qu’on se s’y trompe pas, les écriteaux pourraient laisser penser que les automobilistes son sensibilisés aux vélos, mais il n’en est rien.

En route pour Uyuni

Progressivement, on s’enfonce, il fait froid, et les maisons se font de plus en plus rares. Après une dernière baignade dans des thermes aussi bienvenues que cradzouilles, on quitte la route, pour rejoindre Salinas de Garci-Mendoza, aux confins du Salar d’Uyuni. Bientôt, le village sera relié par une route, actuellement en chantier. Les habitants l’espèrent pour dans trois ans nous ont-ils dit.

En route pour Salinas de Garci-Mendoza

Au loin, progressivement, le salar se laisse deviner, le sel sur le bord de route se fait de plus en plus fréquent, le trafic réduit, reste pourtant étonamment présent. Et systématiquement, une question, “vous allez danser?” Intrigués, on se renseigne, car Salinas de Garci-Mendoza semble être un village de 5-6000 habitants, et les cars de Boliviens se succèdent. C’est que c’est la fête annuelle, l’arrivéee se fera donc au milieu de Boliviens tous plus saouls les uns que les autres. On s’éclipse discrètement, dégotte un hôtel, demain, en route pour le salar…

Cratere sur le bord du chemin

Le salar, c’est un mythe, le plus grand désert de sel au monde. Quelques 100 kilomètres carré (au bas mot, mais j’en ai aucune idéee) de blanc éblouissant; des montagnes en arrière fond, et une altitude (3700 mètres) qui rend l’air froid et limpide. En été, le salar se remplit d’eau, ce qui le rend sous certains côtés encore plus fou, mais intraversable à vélo. Pour nous, ce seront deux jours inoubliables, une autoroute à 360 degrés, pour nous deux, à droite, à gauche, tout droit, rien ne nous fait obstacle, et le but est simple, les montagnes là-bas… mais si, là-bas, au fond…

Salar d'Uyuni

La nuit, nous la passerons au milieu de ce rève gelé; une nuit froide, une température avoisinant les 10 degrés en-dessous de zéro, mais finalement,t ellement belle. les pâtes seront simplement mangées encore plus vite que d’habitude… Ensuite, ce sera l’arrivéee sur Uyuni. L’itinéraire extrême, ce serait de traverser sur le Chili, à-travers le sud-Lipez et traverser des paysages incroyables, mais la motivation fait défaut. ce seraient dix jours d’autarcie, à pousser dans le sable, et Amélie a déja été dans ces régiones. Le but, ce sera donc l’Argentine.

Salar d Uyuni

 

 

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Dans les derniers articles, on avait parlé des Flamini, ces deux zouaves aux yeux pétillants; partis il y a sept ans et demi d’Argentine. Ils rentraient, ils étaient impatients… déja quelques annés a vélo depuis le Vénézuela, on les avait croisé chez Lucho, on les avait recroisé a Caraz, puis a Huanuco, on avait roulé avec eux, on s’était émerveillé ; voyager avec eux, c’était réapprendre a rire, c’était s’émerveiller d’un rien, c’était beau.

Et puis aujourd’hui, ce mail de Bernardo, l’ainé, en deuil… Ce matin, Manuel, le cadet, le clown a la trompette, s’est fait happer par un camion ; il est mort. le camion roulait vite, tres vite nous dit Bernardo, ils devaient etre entre Cusco et Puno, sur la route…

Alors aujourd’hui, on est en deuil avec Bernardo. Le vélo, c’est beaucoup de liberté, c’est du reve, mais c’est aussi vivre sur la route, et la route est parfois cruelle. Manuel aimait vivre, aimait voyager, il m’a appris beaucoup, tout en humilité, charismatique comme personne, capable d’arracher trois patates a une mamita avec ses sourires et son nez rouge.

Sur la route, on les voit partout les nez rouges de Manuel, et on va les chanter ses chansons… Il avait composé celle-ci :

mira ,como se nos va la vida ,mira
un buen rato que su dia termina
y vuelve a empezar
cada dia una vida nueva
 
mira ,volar esa hermosa mariposa
volar por un dia no es una gran cosa
para ella es una eternidad
un dia es una vida entera
 
atento que la muerte esta a la vuelta de la esquina
firme que la vida es ahora
y hay que aprovechar a
vivir con intensidad
 
cada dia es una vuelta de pagina
 del libro de tu vida
llenalo de paz de
palabras magicas
 
,mira ,no podemos evitar los procesos narutales
de la infancia y la vejes
inquebranmtable
 
la felicidad no esta
en las cosa de afuera
mirarse a uno mismo
para caminar
y vivir con tranquilidad

Manuel, Familia Flamini

 

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Pérou, suite… et fin

par Michel, 25 juin 2009 :: Peru

Eh oui, tout finit par arriver, même la frontière bolivienne… on en aura profité du Pérou, un pays magnifique, immense, des routes de bonheur qui nous ont fait atteindre des endroits dont on ne pouvait même pas rêver ; on sera monté, descendu, remonté, redescendu, on aura cahoté, souffert, mais au au final, la route choisie était tellement belle… et ce jusqu’au bout.

De Cusco, la route descend un bout, puis remonte, c’est plat, c’est du goudron, et même le vent de face ne parvient pas à nous ralentir. Le soleil est magnifique, les Andes restent bien sagement à nos côtés, sans tenter de s’interposer sur notre chemin. On le sait, il y a un col, il est à 4300 mètres, et d’après nos infos, c’est un col qu’on ne voit même pas, tellement il est plat… chic.

La Raya, col entre Cusco et l'altiplano

Malheureusement, le Pérou vit des heures difficiles. En effet, le surlendemain de notre départ a été déclaré journée nationale de solidarité avec les indigènes d’Iquitos, que le président, Alan Garcia, a décidé d’expulser de leurs terres, afin de laisser la place à Repsol et autres géants pétrolifères.

C’est que l’Amazonie est riche en pétrole. Les pays concernés ont adopté chacun une politique qui leur est propre. En Bolivie, Evo Morales a nationalisé les terrains. Au moins, ça rapporte au pays. En Équateur, Correa a quant à lui misé sur la protection des indigènes, refusant l’exploitation des terres ; ce faisant, il touche des fonds des Nations Unies qui saluent le geste. Au Pérou, Alan Garcia a promulgué des décrets et essaie d’expulser les indigènes… qui a dit que certains n’apprenaient pas de l’histoire? Malheureusement pour lui, les indigènes ont tué quelques policiers, les policiers ont répliqué, bref, trente morts et 200 blessés, et l’attention internationale sur le sujet. Comme si ça ne suffisait pas, voilà que le pays entier se rebelle, et bloque les routes. Pour une journée symbolique, qui dure depuis deux semaines dans le département de Cusco. Entre temps se sont jointes les revendications des mineurs de la Oroya qui voient d’un mauvais oeil l’abandon de l’exploitation, les paysans de Sicuani, qui ne veulent pas d’une mine sur leurs terres et aimeraient bien un peu d’attention pour les travaux agricoles, et les habitants du département de Puno, qui luttent contre la nationalisation du Lac Titicaca, premier pas vers la privatisaton de l’eau… autant dire que ce brave Alain Garcia a du pain sur la planche, dans la mesure où le pays entier se rebelle…

Et nous dans tout ça? Ben la journée de grêve, on décide de grêver njous aussi; tout le monde nous le dit, ça pourrait bien chauffer. Nous passerons donc la journée à Sicuani, à attendre, dans une ambiance de couvre-feu. Sur la place, une ggrosse manifestation, aux alentours, des policiers armés jusqu’aux dents, et des boutiques qui n’ouvrent qu’à moitié, prêtes à rabattre leurs grillages… Au final, tout sera calme, dieu merci, et le lendemain, nous décidons de poursuivre, malgré la prolongation des actions de blocage. Nous roulerons ainsi tranquillement, de blocage en blocage, à discuter, et même à amener notre pierre à l’édifice. Lors du gros blocage, les grêvistes acceptent que nous passions, à condition d’amener une grosse pierre chacun pour bloquer la route… ma fois, les revendications semblent cohérentes, et j’avoue ne pas avoir trop rechigné à collaborer.

Sortie de Cusco

Plus haut, ce sera la pause. À Aguas Calientes (encore un me direz-vous), on s’offre une baignade à 4100 mètres d’altitude, en plein air. Et comme il était temps de prendre un peu soin de notre teint, njous nous offrons une session… bains de boue. Gros éclats de rire, et démangeaisons assurées, mais au final… pas désagréable. Le seul hic, c’est après avoir gogé plus d’une heure dans des eaux oscillant entre 40 et 50 degrés sous un soleil s’altitude, reprendre le vélo pour avaler les 200 derniers mètres de dénivellée n’a rien d’évident.

Bains de boue à Aguascalientes

Le soir après le col, une voix se fait entendre, retentissante dans notre petite hôtel… Hohé, les suisses??? Une fois de plus, c’est Julien, l’éternel compère, croisé depuis Trujillo, qui nous rejoint. Agréable surprise. Nous passerons les jours suivants en sa compagnie, à rouler en peloton, à partager un peu de route et quelques soupers. Ce seront d’abord les routes plates de l’altiplano, notre premier contact avec ce genre de relief depuis longtemps. Au loin, sur les bords, des nevados impressionants, et sinon, à l’horizon, du plat, de la pampa à perte de vue. Du repos pour nos gambettes, mais soyons francs, on s’en lasse…

Altiplanoi péruvien

Alors on prend la tangente. Après Juliaca, on oblique sur la péninsule de Cupichaca. C’est que la grêve est finie, que les voitures ont repris leur place, roulent à des vitesses folles, nous rasent, bref, la route ne nous tente plus, retour à la poussière, aux cailloux, à l’aventure. Nous atteindrons ainsi Chifron, superbe petite plage au bord du Titicaca, où nous sommes rejoints par Ludivine, la Française rencontrée à Cusco. Les quatre, nous passerons la soirée entre baignade et bières dans un petit coin de paradis.

Baignade

Le lendemain, on embarque ; marre du vélo, envie d’une petite croisière. On rejoint ainsi l’île d’Amantani. Le décor est incroyable, évoque plus la Sicile qu’un lac d’altitude. Le paysage est ocre, les montées raides, et les vélos resteront en-bas. Nous passerons ainsi deux jours sur une petite île de rêve, à se détendre, à se promener, à profiter. Ensuite, nous reprenons le vélo pour rejoindre Puno, la ville côtière sans grand intérêt sinon qu’elle est le port d’accès “normal” pour rejoindre les îles. Mais un conseil à tous les cyclistes, passez par Cupichaca ;  de un c’est plus beau, et de deux, c’est moins cher…

Amantani

Ensuite, ce sera Puno, et longer le lac pour rejoindre la frontière bolivienne. C’est plat, c’est blindé de cyclotouristes, malheureusement, le traffic est toujours un peu intense et désagréable. Bah, petit à petit, la route s’améliore, le  bitume s’aplanit, le paysage reste beau, et si ça monte un peu, cela n’a rien de bien terrible, et au final, ça finit toujours par redescendre… jusqu’à la frontière bolivienne.

En route pour Puno

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Ayacucho-Cusco

par Michel, 10 juin 2009 :: Peru

Il y a comme ça des villes incontournables. La publicité touristique l’a bien compris, tous les chemins mènent à Cusco…

La sortie d’Ayacucho s’avère terrible. Cette fois, c’est Amélie qui souffre d’un de ces légers problèmes intestinal qui font la routine du Pérou. Or même sans ce genre de soucis, la sortie d’Ayacucho, c’est une de ces montées raides, sur une piste défoncée, sous un soleil de plomb, bref, pas une partie de plaisir. Si au moins c’était joli… mais même pas. Enfin, après, ça s’améliore, les Andes reprennent le dessus, et le patchwork des champs refait surface.

Montée de Ayacucho

Ce ne seront que quelques kilomètres pour ce jour-là ; on s’arrête tôt, on joue aux cartes, on profite, on se soigne. La suite de la montée, ce sera pour demain ; d’autant que la montée en question, c’est la première d’une longue série de p’tites côtes entre 1500 et 2300 mètres de montée, bref, autant s’économiser. Les cols, au final, se mélangent un peu, des paysages de pampas d’altitude coupées du monde, des lamas, des nevados ; du dur, du bien bien dur, mais du bonheur aussi, beaucoup de bonheur.

Ayacucho-Ocros

Une fois passé le premier col, grosse descente sur Ocros, qui se prolonge jusqu’au rio, quelques 2000 mètres plus bas. Le début à la tombée du jour est magique et raffraichissant, avec de ces lumières qui font rêver. La traversée en faux-plat montant du lendemain se fait au fond d’une vallée ocre de toute beauté, baignée d’une chaleur étouffante ; des vues étonnante, du vert, des fleurs, des pistes, une eau turquoise, et toujours, toujours, des gens adorables.

Descente sur Ocros

La seule question qui subsiste, c’est pourquoi diable vivent-ils ici, dans des villages parfois franchement laids, au milieu de moustiques, alors qu’à à peine quelques kils, vous trouvez de jolies bourgades andines au climat agréable. Notons au passage que ce seront les seconde et troisième crevaisons du vélo de Sophie, deux à la suite… on n’avait pas vu la grosse épine de deux centimètres qui avait traversé le pneu, hum hum.

Entre Ocros et Chincherros

Ensuite, la routine, on remonte, et on s’arrête. Demain, c’est dimanche, on se contentera de rejoindre Uripa. L’endroit, juché dans les montagnes à une altitude relativement élevée, est charmant et accueillant. L’occasion de pratiquer notre quechua (allingachu, bonjour), et de visiter le marché du dimanche, relativement célèbre à en croire le guide, qui occuppe la quasi-intégralité du village. Même si les produits ne changent pas beaucoup, au moins, les jus de fruits sont toujours aussi succulents, et les salades de fruits copieuses. Quel pied d’être dans un pays où on peut siroter son jus d’oranges pressées à 3000 mètres d’altitude.

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Et l’avantage des journées de pause, c’est qu’on repart en forme. Le col a beau se tirer en longueur (une petite manie péruvienne qui joue à faire d’abord une grosse pente, puis à tirer les faux-plats sur les kilomètres, histoire que la descente se fasse sous la grêle de fin d’après-midi), le moral est là. On coupe la journée par un copieux pic-nic, on passe au milieu d’une réserve d’alpacas, et on engouffre dans la foulée notre deuxième col de la série. La descente se fera à fuir une grêle qui contraste avec mes sandales… on a pas idée non plus, diront certains, à 4100 mètre d’altitude de se ballader pieds-nus. le soir, nous atteignons le but qui semblait farfelu, Andahuayllas, ou plutôt, sa périphérie immédiate, Talaveña.

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Ne reste plus, le lendemain, qu’à pousser jusqu’à la vraie Andahuayllas. Petite journée, puisque les 15 kilomètres en question sont plats… et asphaltés ; autant dire une bagatelle. À peine arrivés, nous décidons d’une expédition au lac Pachuca. Pour cela, on s’entasse dans un mini-bus, tandis que les vélos se reposent dans la chambre. Le lac s’avère de toute beauté, juché au milieu des Andes. L’occasion de se faire rincer par une petite pluie glaciale ( on s’habitue, mais on oublie toujours les imperméables), de manger une truite indigeste au possible, de se serrer dans la voiture qui passe, et en route. La descente nous réserve une mauvaise surprise. Demain, on passe par cette même route. Or dans ce genre de cas, la surprise a l’avantage de faire bien dormir la veille. Cette fois, la sortie de la ville, on la connaît, elle est raide, la piste semble défoncée, bref, rien de bien folichon… et quelques cauchemars pour Amélie qui manque encore un peu de confiance en ses jambes d’acier.

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On relance la machine. La montée s’avère nettement plus facile que prévu. On arrive à l’embranchement sur le lac, et nous replongeons dans l’inconnu. Nous revoilà dans les pampas d’altitude, d’autres cols interminables, et toujours des paysages incroiables. Nous passerons la nuit dans un petit coin de paradis glacial, hébergés par la sympathique institutrice du lieu dans la salle de classe. Elle travaille dans ce village depuis 5 ans, mais n’a toujours pas trouvé un logement à louer. Du coup, elle vit dans l’école, avec sa fille de trois ans… La nuit, ça gêle dehors.

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Le lendemain, autre col, mais petit et magnifique. Après de longs lacets qui nous font traverser des vallées, on remonte et on attaque la descente sur Abancay. Celle-ci est immense. De 4100, nous descendons à moins de 2000 mètres, la piste est bonne, fréquentée, parfois sablonneuse, et souvent vertigineuse. La ville, aperçue en contrebas, semble à quelques kilomètres… il en reste en réalité une bonne trentaine, et une fois en-bas, il reste à remonter les 400 mètres finaux. On arrivera de nuit à Abancay.

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Le lendemain, on décide d’enchaîner. Dernier col à plus de 4000 mètres, mais sur de l’asphalte. La différence a beau être notable, ça monte toujours. La pente est forte, très forte, les courbes interminables ne laissent pas entrevoir l’arrivée, et nos jambes surchauffent. Finalement, nous atteindrons le col vers 15h00. La cordillère Vilcabamba, que nous contournons depuis dix jours, nous nargue encore un peu, mais. magnanime, nous gratifie de vues de toute beauté. La redescente (la première sur de l’asphalte depuis déjà longtemps) est de toute beauté ; nous traversons des villages jusqu’à rejoindre Curahuasi. De là, un dernier col nous attend pour rejoindre Cusco. Il nous reste à redescendre à moins de 2000 mètres, traverser le rio Apurimac, et remonter à 3700.

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Programme ambitieux pour la journée du lendemain, donc. Mais programme auquel nous renonçons rapidement, la dernière escale se fera à Limatambo. La fin du col sera pour demain. C’est que le climat de la vallée Apurimac s’avère terrible, oppressant, et infesté des ces petites “moscas” qui nous retrouvent à chaque passage à moins de 2500 mètres. Et ça a beau ne pas faire la taille d’un moustique, les piqures n’ont rien à leur envier. Dans ces moments, Philipp me manque, c’est le meilleur anti-moustiques du monde. 

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D’autant qu’à côté de Limatambo, il y a un petit coin de rêve, les ruines de Tarawasi. En principe, camper sur le site est interdit, mais le gardien ne rechignera pas à nous laisser passer la nuit. Il passera simplement contrôler que tout va bien, et nous annonce que le mur est infesté de petites araignées noires… mortelles en 24 heures. Pour nous montrer à quoi il fait référence, il s’approche du mur et en écrase une. De quoi nous faire faire de beaux rêves. C’est bon, nous annonce-t-il ensuite, il n’y en a plus.

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Le riz du soir est brûlé, la nuit minable, et je me réveille malade. Autant dire que la dernière montée sera longue. Elle est pourtant jolie. Au final, elle a la gentillesse d’être suffisament raide pour ne pas se traîner en longueur. Quel pied de passer le péage qui nous annonce le col à 3700 mètres, et de tracer dans une vallée toute plate. Cusco se rapprochet et finit pas sembler accessible. À Izcuchaca, on hésite, est-ce qu’on pousse aujourd’hui? Finalement, dernière montée toute en douceur, et la ville apparaît à nos pieds. Elle est belle, immense. Pourtant, l’arrivée contraste avec le Cusco des cartes postales. Dans les hauts, les cochons mangent et vivent dans le caniveau, et les logements semblent misérables. L’arrivée sur la Plaza de Armas, avec son assaut de guides, hôtels et autres nous laisse pantois. On se dépèche, et on rejoint l’auberge recommandée par les deux Anglais rencontrés vers Trujillo. C’est charmant, calme, bon-marché, et la petite terrasse est parfaite pour profiter des petits déjeuners. Ce qui ne gâche rien, elle est remplie de cyclistes. Vincent, agronome français, arrive du sud avec Silvio, Zurichois rencontré sur la route. Julien, le pote de Huaraz est arrivé depuis déjà quelques jours, et y résident encore une bonne dizaines de Français… le langage du lieu, à côté de l’espagnol, sera donc la langue de Voltaire…

 

Cusco de Sacsahuayman

On papote, on traîne, et on se décide. Le Machu-Picchu a une réputation des plus agaçantes, il FAUT y aller sous peine de rater son voyage en Amérique du Sud. Mais on finit par craquer, et c’est jouxtés à Ludivine, Julien et Vincent que nous finissons par décider de nous rendre sur cette cité perdue Inca redécouverte au XIXème siècle. Quelques heures de bus, un beau col, une redescente dans la jungle, un changement de bus, nous voilà à Santa-Theresa. Un regret, bien ententdu : pourquoi diable n’y sommes-nous pas allés à vélo??? En une semaine de toute beauté, on arrive à Santa-Theresa, et la petite maison avant la station hydraulique a l’habitude d’héberger les bicis délaissées par leurs propriétaires. La prochaine fois, c’est sûr… en on ne se privera pas de faire de la pub aux cyclos qu’on va croiser. De la station hydro-électrique de Santa-Theresa, on monte le long des rails pendant deux heures, on dort un peu à Aguas Calientes, on se réveille à 04h00 pour monter les marches qui mènent à l’entrée au sanctuaire (le bus coûte 8 dollars, et l’accès au Huayna-Picchu, le p’tit béquet d’à-côté et réservé aux 400 premiers touristes qui le demandent… paraît que ça vaut la peine). Et nous voilà sur le sanctuaire.

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De là, nous continuons à monter jusqu’au Huayna-Picchu, accompagnés par Martin, sympathique Uruguayen, cyclo-voyageur, rencontré la veille. Nous optons pour commencer par la grande caverne, l’occasion de regarder tranquillement ces ruines construites sous un bloc gigantesque. Ensuite, quelques marches d’escaliers pour rejoindre le sommet et attendre trois heures que les nuages se dissipent.

 

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Les touristes ont quand même raison… l’endroit est magique et l’expérience vaut la peine. La promenade du site se fera l’après-midi sous un soleil superbe. De là, la course reprend. Nous choisissons de fuir Aguas Calientes, qui s’apparente à une station de ski mal développée; en six ans, les hôtels ont poussé comme des champignons, et les prix aussi. Rebelote donc le long des rails, et en route pour Santa-Theresa, et… ses bains thermaux. Nous soignons nos jambes endolories dans une eau agréablement tiède, de nuit, au pied des Andes, encore abasourdis par la magnificence de la journée.

 

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Ensuite, ce seront quelques jours à Cusco. Cusco, c’est d’abord une ville magnifique. La beauté de la ville, ses monuments coloniaux construits sur des fondations incas lui confère quelque chose de magique. Malheureusement, c’est aussi LE spot touristique du Pérou, voire de l’Amérique du Sud, et la masse incomensurable de touristes lui confère un côté oppressant et une façade que je ne peux m’empêcher de trouver un peu triste. D’autant que si les alentours de Cusco sont superbes, je pense aux ruines de Sacsahuayman, Tambo Machay et autres, ils ne suffisent pas à arracher les touristes à leur torpeur. Le prix y est peut-être pour quelque chose (tout se paie à Cusco, et se paie cher), mais il y a aussi une dynamique générale ; on passe la soirée dans la pléthore de bars, on mange dans l’un des dix-mille restaurants occidentaux, on passe la matinée à l’hôtel, on traîne, et on remet ça… dommage. Faut pas non plus cracher dans la soupe, il y a un certain charme à traîner, à profiter de ses journées sans vélo, sans but autre que celui de se détendre. Mais au bout de quelques jours, on ne va pas non plus le nier, on se réjouit de repartir…

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Huanuco-Ayacucho

par Michel, 26 mai 2009 :: Peru

Décidément, entre cyclistes, on se croise, on se sépare, on roule en peloton, et si on peut noter quelques échappées, dans l’ensemble, rien de décisif.

Jugez plutôt, à Huanuco, nous avons retrouvé Julien par hasard, il était descendu dans le même hôtel que nous… pur bol, marrant. Il repart un jours plus tôt, avec les deux anglo-hollandais boulangers du col. Et le lendemain, alors que nous sommes fins-prêts au départ, sacs paquetés, bouteilles remplies, casquettes vissées sur le crâne et barbouillés de crème solaire, résonne un joyeux “Michel” (prononcez “Mitchellll”); je tourne la tête, c’est Bernardo, le joyeux Argentin de la famille Flamini; émotions, retrouvailles, et on y va.

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Alors que nous montons sur Cerro de Pasco (4300 mètres, une paille me direz-vous, à peine une montée), un camion nous dépasse (c’est rare, vous vous en doutez), et qui voilà… la famille Flamini au complet, accrochés au mastodonte… je connaissais la pratique chez les coursiers, mais pas chez les cyclotouristes… comme quoi, nul n’est parfait.

En route pour le bosque de piedras

Nous passerons ainsi quelques jours en compagnie des Flamini. Leur bonne humeur, leur musique, leur amour de la bonne bouffe se mariant avec les paysages merveilleux du “Bosque de Piedra”. À 4100 mètres, ces formations rocheuses sont tout à fait stupéfiantes. Une sombre histoire de fonds marins, de volcans, de roches sédimentaires en justifie l’existence (dans ces moments, Philipp me manque, croyez-moi), et n’en fait rien de moins que l’une des huit merveilles du Pérou… excusez du peu, l’office du tourisme de Canchacucho (le coin de la pampa en langue Quechua) envisage de plus en plus sérieusement une candidature pour les inscrire dans les huit merveilles mondiales. C’est vrai que depuis la disparition du phare d’Alexandrie…

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Bref, une journée de repos dans ce paradis de l’escalade, et des délires photographiques. On ne résiste pas… un vélo, c’est toujours beau, mais alors un vélo sur un caillou, que demander de plus. À noter pour les amoureux du bloc (discipline de grimpe hyper intense sur quelques mètres sans assurage), que le Bosque de Piedra est sans conteste un paradis aux possibilités sans fins; reste juste à maîtriser son cardio (on reste à 4100 mètres) et à avoir du temps, il y en a des milliers sur des kilomètres…

A vélo, partout...

A vélo, partout...

Le lendemain, on repart, en route pour le Lago Junin, réserve d’oiseaux et ‘une des plus hautes étendues humides du monde (ces péruviens semblent définitivement avoir le goût des records mondiaux). Superbe plaine, superbes oiseaux et… superbes orages qui se dessinent a l’horizon, derrière les montagnes.

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On n’y coupe pas, mais bah, ce sera l’occasion de dormir à Ondores, et d’admirer l’habileté de Manuel à dégotter un toit gratuit; ça s’apprend, ça fait sept ans qu’ils sont en route quand même. Le lendemain, grand beau, on atteint Junin, on traverse, on continue le long du champ de bataille de celle décisive, dernière de Bolivar au Pérou, qui devait sceller le sort de l’Amérique du Sud quelques mois plus tard, à Ayacucho, entraînant le retrait des Espagnols. Au milieu, un obélisque, l’une des plus grandes merveilles que Dieu ait offertes aux hommes… (je vous ai parlé du chauvinisme péruvien???).

Le long du Lago Junin

Bah, on finit à La Oroya, ville record elle aussi, la plus polluée du Pérou ( du monde??? peut-être). Superbe carrefour de routes, jouxté à une exploitation minière… rien de joli donc, on passe notre chemin… en bus. Eh oui, de Huancayo à Ayacucho, c’est joli, de La Oroya à Huancayo, bof, c’est 136 kilomètres de grande route, plutôt de la descente, bref, rien de bien excitant. Quant à Huancayo, c’est du soleil, mais pas forcément l’envie d’y trainer; on repart illico pour Ayacucho. La route monte un peu, puis redescend, pente raide, puis plus douce, du bonheur de filer sur l’asphalte, de se laisser glisser.

Descente sur Izcuchaca

On croise deux allemands, chargés jusqu’aux oreilles, le sourire, les cheveux blonds et les shorts courts (on commence à repérer les style nationaux. ils essaient de tromper l’ennemi avec leur pull mammut, ça, ça fait suisse, mais ça ne prend pas). Sympathiques effusions (tu viens d’où? Tu vas où? C’était comment? Combien de temps?), et on repart. ils nous ont annoncé un glissement de terrain, va falloir zigzaguer nous ont-ils dit…

Derrumbles

Tu parles, pas moyen de négocier, ils veulent pas qu’on zigzague… alors bon, on s’assied, et on observe, lorsque une super explosion vient percer nos tympans… forcément qu’ils voulaient pas qu’on traverse, ils ont fait sauter une pierre… On passera trois heures assis à attendre, bah, on est à 5 minutes de Izcuchaca, le but du jour, on arrivera simplement de nuit…

Le lendemain, on quitte a nouveau l’asphalte; pas envie de monter sur Huancavelica (si si, c’est joli, c’est a 4600 mètres), alors qu’une belle piste nous laisse glisser le long du Rio Mantaro. Ce seront deux jours au milieu de nulle part, le long d’une superbe rivière, dans un climat chaud. Les paysages passent de rouge-ocre à vert, l’eau se fait turquoise, brune, verte, transparente, c’est du bonheur. Du moins, ca en serait s’il n’y avait cet xème dérangement intestinal… une affaire de rien, c’est juste que ces derniers temps, je les ai un peu collectionné. Mais pas de souci, l’appétit est là, d’après mon docteur, c’est que c’est pas grave…

Et puis, dernière montée, et nous voilà à Ayacucho. On y arrive tard, très tard, voire trop tard. D’autant que la route se termine en beauté sur une dernière petite côte, où nous passons sous les applaudissements du public, grâtifiés d’un magnifique arc-en-ciel… Ayacucho, c’est une etape importante. D’abord, c’est joli, mais surtout, autant s’y reposer, la suite n’est pas gaie, succession de cols qui nous mènera à Cusco, capitale gringo d’Amérique du Sud… affaire à suivre…

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Huaraz-Huanuco

par Michel, 15 mai 2009 :: Peru

De Huaraz, deux solutions…

- Redescendre en plaine, sur Lima, pour ensuite remonter sur la Bolivie, suffit pour ça d’aimer, mais alors d’aimer beaucoup le désert

- Tracer à travers les montagnes, sur des pistes au confort très relatif, aux altitudes effrayantes, et aux paysages de toute beauté.

Est-il besoin de préciser notre option???

Départ

Et ça commence fort. Une fois les adieux faits, nous entâmons la montée. C’est facile, c’est de la route, et c’est joli. La météo est clémente, et nous roulons le long du rio jusqu’à une étendue déserte située à 4000 mètres d’altitude. De là, plus de route, plus du tout même, c’est parti pour la piste, avec en toile de fond, une étendue désertique que vient agrémenter quelques sommets tout blancs qui se trouvent… exactement dans la direction où on va.

En avant pour la piste

Entre temps, le ciel s’est couvert, et nous serons gratifié d’un superbe orage de grêle, un déluge de 10 minutes, juste pour nous rappeler que nous sommes dans des terres inhospitalières, et que si lorsque le soleil chauffe, la température est agréable, ce n’est6 que partie remise.

Plateau à 4000 mètres

Ça monte, ça monte, et ça continue de monter. Nous dormons à Carpa, l’entrée du parc du Huascaran, à 4100 mètres. La nuit est fraiche, et le réchaud nous fait des caprices, difficile de cuisiner, ces trois jours en altitude promettent encore pas mal de surprises. On arrivera quand même à chauffer quelques spaghettis, agrémentés d’un fromage local; repas frugal auquel on s’accoutume.

Imagen 025

Le lendemain, on part à l’assaut du col. En chemin, des peintures rupestres, des nevados vertigineux, des puya raimondi (plante d’altitude des plus étrange), des vigognes (sortes de biches d’altitude), et des cailloux, beaucoup beaucoup de cailloux. Péniblement, on arrive au sommet ; nous sommes à 4800 mètres d’altitude, il fait gris, reste à descendre. En fait de descendre, on ne descend que jusqu’à 4600, pour mieux remonter au col suivant à 4800, et de là, la véritable descente commence.

La route du col

Le passage entre les deux cols s’avère de toute toute grande beauté; tellement beau que nous décidons de dormir ici, à 4600 mètres. Il est 14h30, mais bah, on s’occupera en attendant la nuit. Parties de jass en perspective, et attente de la nuit…

Campement à 4600

Bien nous en prend, puisqu’à peine la tente installée, un superbe orage se pointe, nous aspergeant copieusement. Celui-ci, contrairement à celui de la veille, restera jusqu’à la tombée de la nuit. Entre temps passeront deux cyclistes, un Anglais et un Hollandais, vieux routards du cyclotourisme, surpris par l’orage. Ils continueront leur route jusqu’au spot plat suivant, non sans nous avoir généreusement gratifiés de 10 petits pains. Le réchaud s’étant définitivement prononcé sur la qualité de la gasoline 84 octanes péruviennes quand il n’en reste qu’un fond; c’est niet… le souper sera encore plus frugal que la veille.

Entre deux cols

 

Le lendemain, donc, on finit de monter… terrible montée qui n’en finit pas, ça peut être long 300 mètres de dénivellée, croyez-nous. Mais quel final, sous un soleil éclatant, nous passons le second col, vue panoramique, Huayhuash au loin, la cordillère blanche, et des centaines de montagnes qui augurent la suite du chemin. Des minutes de pur bonheur.

Au col, 4882m.

Huaraz-Huallanca

Huaraz-Huallanca, entre deux cols

Retour sur la route Chiquian-Huallanca

Et puis, enfin, on finit la piste, derniers cailloux, et on rejoint la route, la belle grande route toute plate, qui nous mènera à Huallanca. Huallanca, c’est une petite ville minière qui nous hébergera une nuit, et peut-être les meilleures pâtisseries aux pommes du voyage. On continue de descendre, la route redevient de la piste pierreuse, s’engage dans des gorges, un cañon de plus, avec ce que cela comporte d’humidité et de torrents qui nous barrent la route, c’est l’Aventure.

Gorges entre Huallanca et La Union

On descend, on rejoint le rio, on remonte, on redescend, le tout pour bien remonter, avant la dernière descente. On passe de petits villages en petits villages, où nous observent systématiquement, hébétés,  une bonne dizaine de petits enfants, l’impression désagréable d’être des objets de musée… si au moins ils nous parlaient, mais le dialogue avec l’étranger semble rarement à l’ordre du jour. Julien confirmera cette impression, les Argentins aussi, il semble qu’il ne passe pas beaucoup de touristes par ici. Dommage, car la région est belle, froide, mais belle. Nous nous offrons une promenade sur la corona del Inca, et passerons systématiquement nos nuits au milieu de nulle part, du fait du relief qui nous force en permanence à revoir nos plans…

Corona del Inca

 Enfin, ce sera Hanuco, le retour à la civilisation; nous sommes à 2000 mètres, il fait chaud, et la route qui mène à Cerro de Pasco, quoique pentue (la ville est à 4300) est au moins asphaltée, le repos des guerriers, quoi.

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Caraz, Huaraz et Huayhuash

par Michel, 30 avril 2009 :: Général, Peru

Enfin, c’est l’arrivée à Caraz; Caraz, c’est une petite bourgade charmante au pied de la célèbre Cordillère Blanche, qui compte plusieurs sommets de plus de 6000 mètres, dont le Huascaran, deuxième sommet d’Amérique du Sud, et l’Alpamayo, qui s’il ne mesure “que” 5947 mètres, a remporté le titre de “montagne la plus belle du monde”, sur la base d’un concours photo… Invisible de nos bourgades, nous n’aurons pas l’honneur d’admirer sa superbe face de glace…

Caraz

Caraz, ce sera l’occasion d’une journée de repos, petite ballade,e t retrouvailles avec nos complices Argentins et Français… En plus, la ville est jolie, et le marché, comme d’habitude, des plus colorés…

Caraz

Le lendemain, c’est accompagné de Julien, l’ami Français, que nous reprenons la route pour avaler les 75 kilomètres qui nous séparent de Huaraz, 75 kilomètres de faux plat, montée à 3300 mètres, pour arriver à la villa station de trek, andinisme, mountain-bike, canyoning et autres sports extrêmes qui se pratiquent dans la région… La route est belle, et nous laissera apercevoir le Huascaran et autres mastodontes de neige en arrière-fond, l’occasion de lever un peu le nez.

Tronçon Caraz-Huaraz

À Huaraz, nous nous rendons à l’adresse fournie apr les Anglais un peu plus tôt, quel pied. Andi est guide et est en train de lancer son agence de trekking, audacieuse entreprise au vu des dizaines d’agences qui nous entourent à Huaraz. À côté, il vit chez ses parents, qui possèdent une maison spacieuse et aménagée pour recevoir les dizaines de personne suqe leur amène le couch-surfing. À un prix dérisoire, nous nous retrouvons ainsi dans une famille péruvienne adorable… Le temps de préparer, avec Andi, l’idée qui a germé au fil de la montée, un trek dans la cordillère Huayhuash. Le circuit normal, c’est 8 jours de trekking, mais nous optons pour la version courte, trois jours. Pas de guide, mais un arriero et deux ânes pour proter nos bagages… confort quoi.

Nos burritos

Au final, plus qu’un âne, celuid e droite a mal à la patte, est vieux et fatigué, bref, mérite largement ses quelques jours de repos à Llamac. Parce que pour trois jours de trek, c’est deux jours de voyage; il nous faut rallier Llamac, petit village perdu au pied de la cordillère, coupé du monde depuis un mois du fait d’un glissement de terrain, bref, l’aventure qui précède l’aventure… À l’arrivée, Ruben, 17 ans, nous attend, et nous entâmons la grimpette. Une heure plus tard, premier campement, et premières truites, pêchées par Ruben dansw le rio d’à côté pour le souper…

Premier campement, Huayhuash

Le lendemain, nous longeons le rio Llamac, et nour perdons dans les montagnes, au milieu des condors et de falaises rocheuses. On monte, on tourne à droite,e t c’est le Rondoy qui apparaît; gigantesque face de 2000 mètres, notre premier contact avec la Cordillera Huayhuash, impressionant de le voir se découper dans les nuages.

Cerro Rondoy

Nous passerons la nuit et l’après-midi dans nos tentes, aspergés par une pluie diluvienne, grêle qui tombera sans discontinuer. Le soir, pas de truites, mais du pain et du fromage chacun dans sa tente, avec un peu d’appréhension, espérons que demain sera meilleur…

Campement 2

Le lendemain, départ tranquille, le temps de faire sécher un peu les tentes, qui dieu merci ont résisté. de paqueter, de déjeuner d’une bonne platée de pâtes; la bonne nouvelle, c’est qu’en plus d’être un guide tout à fait excellent pour ce trek, un pêcheur hors paires et un arriero de talent, Ruben caresse encore le rêve de faire des études de cuisine, étude à mon sens superflues, au vu de son talent culinaire…

La grimpette

Bref, nous repartons, et attaquons la belle pente qui se dresse à côté de nous, en route pour là-haut. En face, le Rondoy daigne occasionnellement se dévoiler partiellement, nous laissant apercevoir ses glaciers, falaises, couloirs tous plus impressionants les uns que les autres…

Le Rondoy dans les nuages...

Julien, et le rondoy

Bref, on finit par arriver au col, vue plongeante sur les vallées environnantes, encore quelques mètres, et un autre de ces monstres de glace s’offre à nos yeux ébahis…

Les montagnes de la Huayhuash

Encore quelques mètres sur la crète, et le festival se poursuit, d’abord une succession de pics blancs affutés, et en bas, dans la plaine, un lac… fluo.

Lacs fluos

Et les lacs fluos

On redescend, et on arrive au campement du lac Jahuacocha, le voisin du lac fluo, moins frappant par sa couleur, mais tout aussi impressionant par sa beauté.

Jahuacocha

Au loin, la cordillère Huayhuash se découpe entre le lac et un ciel de toute beauté…

jahuacocha et Huayhuash

On commence par s’installer, tranquillement, un peu à l’écart des autres, envie de savourer encore un peu la tranquillité de la montagne…

Campement à Jahuacocha

Nous passerons l’après-midi à nous gaver de photos, à admirer, à discuter, bref, à profiter de la vue, et des chutes de séracs qui viennent meubler les moments de silenece…

Ruben

Et puis, tandis que nous savourons la vue des montagnes qui s’illuminent dans la fin de journée,

Huayhuash

Ruben, de son côté, s’occupe du souper, tandis que notre âne se délecte du gazon de montagnes…

Ruben en action

Le lendemain, on remonte un peu, on prend encore quelques photos, parce qu’on ne s’en lasse pas.Et on continue à descendre jusqu’à arriver à Llamac. De là, après la petite bière de festoiement, on continue à rejoindre la route, où l’on se pose pour attendre le combi du lendemain… De ce trek, nous garderobns des souvenirs incroyables, grâce à Ruben, grâce aux montagnes, grâce à la météo, cela aura été trois jours de tranquillité et de bonheur…

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Rio Santa et Cañon del Pato

par Michel, 30 avril 2009 :: Peru

Un long et beau poste qui se prépare, il s’en est passé des choses depuis Trujillo, des belles, des dures, mais des récompenses à chaque fois à la hauteur des efforts fournis…

Panaméricaine

Je reprends au croisement, au moment où nous quittons le confort de la panaméricaine, confort relatif au vu des camions, bus, voitures qui nous accompagne, pour nous lancer sur la piste privée qui va nous amener à la piste suivante, qui nous mènera à la suivante, qui finira à 2000 mètres, à Caraz, au pied de la cordillère blanche… De là, nous poursuivrons sur Huaraz, périple éprouvant, 3000 mètres de montée, mais ce n’est pas ce qui compte, le problème, ce seront les cailloux, les ornières, le soleil, le désert pour commencer…

Imagen 14

L’impression de se lancer dans l’inconnu, fini le confort, au loin, les montagnes apparaissent, le soleil tape, et il n’y a pas grand chose pour s’arrêter. Tanguche, un peu plus loin, nous fournit un pic-nic et un jus de fruits, et nous repartons. En chemin, nous croisons Dave et Kelly, deux Anglais en route depuis Ushuaïa, original… Ce qu’il y a de sûr, c’est que la région grouille de cyclistes. En l’occurence, Dave et Kelly nous fournissent en adresses bon marché pour les villes à venir, pas désagréable…

English on the road

Ensuite, on quitte la piste privée, et on retrouve la grandre route pour une dizaine de kilomètres, court mais délicieux de retrouver l’asphalte avant de se relancer sur la piste suivante…

Sortie de piste

Et tout le long du chemin, nous aurons des informations sur Hannes et Ramona, partis un jour avant nous; pour notre part, nous ne manquerons pas d’annoncer l’arrivée imminente de deux Argentins et d’un Français, marrant de faire une caravane cycliste ainsi.Le chemin se fera ainsi, tranquillement, les fesses souffrent, les bras souffrent, le vélo travaille, mais au moins, pour les jambes, l’effort n’est pas gigantesque; le vent de la côte nous porte, et la montée est progressive, on pourrait même la considérer comme douce…

Chupicara

Le soir, nous trouvons des petits hameaux coupés du monde; si la plupart sont peuplés de gens merveilleux, d’autres nous laissent une impression étrange de malaise, mais au final, tout se passera au mieux…

Volley de fin de journée

Clopin clopant, on monte quand même, et Huallanca s’approche. Huallanca, c’est l’entrée dans le Cañon del Pato, des gorges gigantesques, vertigineuses, et une succession de tunnels, 35 au total, qui nous fera déboucher au pied de la cordillère blanche. Huallanca, ce sera aussi un charmant village où nous déciderons de nous reposer une demi-journée; il est midi, et l’envie d’affronter le cañon dans l’après-midi n’est pas là… petite promenade, l’occasion d’admirer les Andes d’en-bas, en attendant celles d’en-haut…

Huallanca

De Huallanca, nous partons tôt, en route pour les montagnes et le Cañon. On nous avait promis de la route, mais ce sera encore un peu de piste jusqu’à la sortie du cañon, une piste néanmoins meilleure que celle que nous subissions jusqu’alors. La succession de tunnels est impressionante, les croisements pas évidents, mais on finit par en sortir, et arriver sur une plaine verte au pied de montagnes blanches qu’on distinque au loin. Quel bonheur de retrouver le bitume…

Avant Caraz

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Trujillo bis, et en route…

par Michel, 21 avril 2009 :: Peru

À Trujillo donc, je chille… La ville est jolie, chaqrmante, bondée de tourstes, l’approche de la semaine sainte faisant monter les prix des denrées, qui soit dit en passant, restent relativement bon marché, dans la mesure ou l’on s’autorise à sortir de la rue principale et à chercher une petite échoppe. La casa del ciclista se remplit, si les Irlandais qui m’ont accueilli s’en sont allé pour Huaraz, le lendemain voit arriver une joyeuse équipe composée de bernardo et Manuel, la célèbre Familia Flamini. Ils sont partis de Bariloche il y a de cela sept ans, en bus d’abors, et depuis le Vénézuela, ils ont rejoint la famille des cyclotouristes. Leurs numéros de cirque et du musique leur permettent de gagner un maigre pécule, de quoi survivre pour le moins. Depuis Macara, ils sont accompagné de Ramona, Bâloise, qui roule depuis le Mexique, seule depuis la frontière, elle s’apprétait à remonter sur Quito lorsque la rencontre lui fit rebrousser chemin et continuer au sud…

casa del ciclista

C’est donc une joyeuse équipe de base, qui verra ses rangs grossir petit à petit. D’abord, Hannes, Bâlois ami de Ramona, en route pour Limja ou sa copine vient le rejoindre, ils continuent ensuite par un mois ensemble en bus avant de rentrer. Là-dessus, un allemand de passage, Amélie bien sûr, un Français, les deux Irlandais de retour de Huaraz, deux Anglais, bref, une joyeuse équipe. Nous serons ainsi neuf à vivre dans la maison de Lucho; son record? Dix, plus qu’à revenir…

casa del ciclista

Parce que la maison de Lucho, c’est un peu la maison du bonheur. Maison des cyclistes, de l’amitié, de rencontres, Lucho accueille depuis plus de 10 ans, 20 ans… les cyclistes de passage, je suis le 1090ème sauf erreur, du cyclotouriste endurci qui en est à son xème tour du monde au vacancier de trois semaines, tous y trouvent un gîte, et les mains expertes de Lucho… Parce que les vélo souffrent. Le mien se voit offrir une jante neuve, le mécano colombien m’avait monté un moyeu de 36 sur une jante de 32, Lucho me propose illico une bonne jante et un équilibrage parfait des roues… j’ai de la chance, je fais ça le premier jour ; chaque cycliste arrivant avec son lot de soucis mécaniques, Lucho ne saura bientôt plus où donner de la tête…

Lucho et Bernardo à l'oeuvre

Manuel, Familia Flamini

Et puis, vendredi, en route pour Lima. Quelques frayeurs, mais l’issue est heureuse, nous nous retrouverons, moi et Améli, sans souci. En route pour deux mois et quelques de voyage en couple, un nouveau chapitre du voyage. Avant, nous profitons deux jours de Lima, capitale impressionante, belle et triste, je vous renvoie au post de l’ami Pierre sur les villes d’Amérique Latine, je l’aime bien ce post, l’oeil d’un architecte sur Lima vaut le détour, réflexion sur la ville…

Lima depuis la chambre

Et puis retour à trujillo, le vélo de Sophie sous le bras. Quelques heures de bus et nous revoilà dans notre chez-nous. Nous passerons lñes jours suivants entre fondue, vin blanc et chocolat. Et puis, une fois les vélos prêts, en route pour Huanchaco. Huanchaco, c’est un village de pêcheurs à quinze kilomètres de Trujillo. Les vagues y sont réputées, et ce sera l’occasion, enfin, de me lancer, accompagné de six autres cyclistes, sur une planche. Depuis la Californie, je me moquais gentiment d’eux, l’oeil jaloux… quelques vagues plus loin, nous nous retrouvons, cyclistes épuisés, épaules démontées, mais heureux, le jeu valait la chandelle…

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Et puis il va être temps. Dernière petite gastro, cebiche de Huanchaco un peu douloureux, adieux à Ramona et Hannes qui s’en vont les premiers. Demain, ce sera notre tour, après-demain, les Argentins, l’aventure est belle, le mouvement fait rêver, mais des lieux comme la casa del ciclista de Truillo donnent parfois envie de rester, merci à Lucho et aux cyclistes passés et à venir…

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